Accueil

 Présentation

 Les Photos

 Témoignages

 Le cadastre

 Nous contacter

 Participer

 Crédits

 Les liens






Un habitant de Bohars: Henri JOSEPH

Claude, Guillaume JOSEPH est né en 1895 au moulin Joseph, au lieu-dit Talarn situé à Bohars Penfeld. Il était meunier et également conseiller municipal pendant plus de 20 ans. Il était surnommé Lomic (Guillaume en Breton). Autrefois le parrain et la marraine imposaient le prénom. C’est le deuxième prénom, qui figurait sur l’état civil, qu’il fallait prendre en compte. Lors de son décès, on a écrit Claude JOSEPH dans l’avis du Télégramme. Ses copains, des anciens combattants, n’ont pas deviné que c’était lui.

Depuis 1890, il existe 3 générations de meunier-minotier chez les JOSEPH : Henri (né en 1923) en retraite depuis 1990 avait pris la succession de son père Lomic et de son grand-père. Lomic a transmis son savoir-faire à son fils, Henri. Henri a donc appris son métier à ses côtés et en le regardant. On disait « meunier » jusqu’en 1960 puis « minotier » car les moulins sont devenus plus perfectionnés.

Entre 1912 et 1954, à Bohars Penfeld, Henri se souvient qu’il y avait 8 bistrots entre les 3 communes. Penfeld Lambé (2) ; Penfeld Guilers (1) et Penfeld Bohars (5). Ils étaient tous ouverts en même temps, avec une ambiance uniquement masculine. Les hommes se retrouvaient après le travail.

Le blé était stocké, puis nettoyé et enfin broyé par les cylindres qui marchaient avec l’eau. Quand il y avait moins d’eau dans la rivière, on installa des moteurs électriques. Chez LE VERGE (moulin du Ponchou), SALAUN (moulin du Beuzit) et FRANCES-JEZEQUEL (moulin neuf), ils ont eu des moteurs à charbons, puis des moteurs diesel et enfin électriques. A l’époque du grand-père d’Henri, le moulin ne fonctionnait qu’à l’eau. Lomic a installé un moteur électrique en 1930.

Il y avait différents blés selon la qualité. La farine était vendue aux boulangeries, crêperies, charcuteries, épiceries. Il allait prospecter dans la région brestoise jusqu’à Guipavas et Guilers. Le grand débouché était sur Brest. Le moulin faisait le blé noir, le froment, le seigle, la mouture à façon. Avant 1936, le blé était acheté par le meunier directement dans les fermes. Ensuite il fut acheté dans les coopératives autour de Lambé et de Guilers. Monsieur DROGOU tenait le dépôt de la coopérative de la région brestoise.

Avant la 2ème Guerre Mondiale, Henri a connu 5 moulins à Bohars en activité : le moulin LANNUZEL à KERVAO, de son vrai nom Toulic Ar Rent ; le moulin LE VERGE au PONCHOU ; les moulins SALAÜN au BEUZIT et FRANCES-JEZEQUEL au MOULIN NEUF, le moulin JOSEPH à BOHARS PENFELD.

Il y avait aussi d’autres moulins : le moulin du LANNOC en activité jusqu’en 1912 puis transformé en scierie et fermé en 1954, appartenant à monsieur GILVESTRE. Le moulin du RUFFA en activité jusqu’en 1930 appartenait à la famille MARC et le moulin de KERGUILLO arrêté en 1927 appartenait à Monsieur FEILLARD, il a été transformé en glacière puis en entrepôt de légumes.

A Penfeld, il y avait une grande activité : le moulin JOSEPH, la forge LESCOP, la cordonnerie MAILLOUX, le marchand de grain DROGOU, le « père » FEILLARD marchand de pommes puis de glace sur CAMARET et DOUARNENEZ. Il faisait aussi de l’électricité. Il y avait aussi 4 ateliers de couture, la scierie GILVESTRE… Il y avait une grande vie commerciale, c’était vivant jusqu’en 1968 date de la construction de la route de Guilers.

Avant 1997, il n’y a jamais eu de boulangerie à Bohars, seulement un dépôt de pains ou alors il fallait s’approvisionner à Lambé ou à Kérinou. Des boulangers faisaient des tournées en chars à bancs puis en véhicules. Il existait une boulangerie à Penfeld-Brest entre 1946 et 1980. La route leur a enlevé des clients. Il y a eu moins de vie, et les commerces ont disparus. Les gens ne s’arrêtaient plus. Tout comme au lavoir, lieu de rencontre, la machine à laver le linge a remplacé les coups de battoirs et les discussions.

 
© www.histoire.bohars.net