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Un habitant de Bohars: Alain TANGUY

Alain est né en 1923 à Mestanen. Il est un cultivateur en retraite. Il a trois enfants dont Alain-Yves qui est également devenu agriculteur et qui s’est mis en G.A.E.C. (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) en 1993.

Son père François, né en 1888, cultivait à Mestanen puis à Kerespern des pommes de terre, du blé, de l’avoine, des betteraves (nourriture principale des bovins et des chevaux) et du trèfle pour les bêtes. Il possédait une petite ferme avec 6-7 vaches laitières, 2-3 cochons, 2 juments. Il vendait du lait, du beurre à un dépôt de Brest, du blé au moulin Salaün, du porc à la boucherie Monfort à Penfeld. Les boulangers de Lambézellec et de Gouesnou faisaient aussi leurs tournées en chars à bancs, de village en village.

En 1948, François travaille avec son fils Alain. La ferme s’est agrandie. Cette même année, le 1er tracteur apparaît, qui appartenait à Guillaume LUCAS. C’était un tracteur à essence Massey Fergusson qui venait d’Amérique. En 1962, Alain possède également le sien.

A leur époque les G.A.E.C. n’existaient pas mais il y avait une entraide entre les agriculteurs pour la moisson en août, le foin, le blé fin juillet, et les betteraves en novembre. On allait faucher l’un chez l’autre. Les chevaux étaient nourris à l’ajonc. Ils mangeaient aussi de la lande découpée au hache-lande, actionné par un manège à cheval. Ce manège servait aussi à la batteuse. Les patates ne rapportaient pas, il fallait faire le triage. Il y a toujours eu des crises. Les cours n’ont jamais été stables. Aujourd’hui, les agriculteurs font du lait, de l’élevage de porcs ; ils cultivent essentiellement du blé et du maïs. Il reste aujourd’hui 6 fermes alors que Bohars en a connu jusqu’à 42.

« De 5 à 7 ans, j’étais à l’Ecole des Sœurs parce qu’après on n’avait pas le droit de rester plus longtemps avec les filles ! Puis de 7 à 11 ans, j’ai été à l’Ecole communale, l’école publique au bourg de Bohars. Jusqu’à mes 13 ans, à Saint Pierre pour le certificat d’études. Ensuite, je voulais être « mousse » à la ferme avec mon père ».

Quand il allait à l’Ecole Libre, il mangeait, le midi, seul, un bol de soupe et un morceau de pain chez Guianvarc’h. Il n’y avait pas de cantine à l’école communale. Il y avait 3 bars au bourg de Bohars (Labat, Guianvarc’h, Henaff).

Les profs de Saint Pierre étaient très sévères. Ils tabassaient, tiraient les cheveux, donnaient des baffes de chaque côté. Tu étais sonné avec les coups de pieds.

« A 7 ans, j’ai un mauvais souvenir de la 1ère fois où j’ai vu la mer. C’était à Deolen près du Petit Minou. On y avait été en char à bancs tiré par un cheval de trait. Il y avait des grands rouleaux, la mer était très mauvaise. J’ai crié, cavalé ; je croyais que la mer venait droit sur moi ». Alain, à l’âge de 11 ans, a utilisé, pour la première fois, le train patates pour une sortie scolaire à la plage Trémazan à Portsall.

Pour les processions, le conseil paroissial désignait qui portait la croix, la bannière. Le parcours : on contournait l’Eglise jusqu’à la Chapelle de Loguillo. Pour la Fête Dieu en juin, les routes de Bohars étaient décorées par des Fleurs, du mare de café, de la sciure de bois. La clique était une fanfare créée par l’abbé Le Guen. Elle était composée de clairons, tambours.

Avant la guerre, il y avait des courses cyclistes. Après la guerre, en mars, il y avait des concours itinérants, ça commençait à Lambé, Guilers, Bohars, on désignait les plus beaux : chevaux, juments, vaches, cochons…

De l’Uranium à Bohars ? Entre 1945 et 1949 puis plus tard en 1976-77, Monsieur Pavaux détectait des métaux. Il a fait analyser de la pierre extraite des champs de Bohars, qui contenait de l’uranium. Derrière le bistrot Labat (aujourd’hui Le Paddy), il a fait un grand puit mais ce n’était pas rentable.

 
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